En 2019, la planète Jupiter est au mieux de sa visibilité aux alentours du 10 juin et la période favorable pour l’observer dure tout l’été.

La planète Jupiter ornée de sa Grande tache rouge, ainsi que le satellite Io qui projette son ombre sur la planète.
Image : Philippe Renauld

Jupiter est la plus grosse planète du système solaire. Avec sa nature gazeuse et les satellites qui l’entourent, elle est vraiment attrayante à observer pour le débutant comme pour le passionné. En 2019, elle se trouve au plus près de nous le 10 juin, à 641 millions de kilomètres tout de même. Les douces nuits estivales devraient faciliter son observation, malgré le fait qu’elle ne soit pas très haute sur l’horizon aux latitudes de la France métropolitaine (maximum aux environ de 20°, soit la largeur de la main écartée – voir notre article Mesurer les distances dans le ciel avec la main). Les observateurs situés plus au sud sont avantagés car plus leur latitude est faible voire négative, plus Jupiter est haute dans le ciel.

Pour la trouver, il faut se tourner vers l’horizon est-sud-ouest. La planète circule dans la discrète constellation d’Ophiuchus durant tout l’été mais il est plus simple de la localiser grâce au Scorpion : elle se trouve non loin de l’étoile orangée Antarès, qui figure le cœur de l’insecte. Son éclat est par ailleurs largement supérieur à cette étoile pourtant brillante : en fait, Jupiter est l’astre le plus lumineux de ce coin de ciel, ce qui facilite son identification.

Position de la planète Jupiter de juin à septembre 2019.

Jupiter de mois en mois

C’est autour du 10 juin que les conditions sont les meilleures pour saisir les plus fins détails visibles sur la planète car c’est à ce moment qu’elle offre le plus grand diamètre apparent, mais il faut attendre le cœur de la nuit pour qu’elle soit au plus haut dans le ciel. En effet, Jupiter se lève vers 22h (heure de Paris) au sud-est : brillante, elle devient rapidement visible à l’œil nu alors que le crépuscule avance et si l’horizon est bien dégagé. Puis au fil de la nuit, elle gagne peu à peu en hauteur jusqu’à atteindre 20° aux latitudes de la France métropolitaine vers 2h du matin, plein sud, avant de replonger progressivement vers le sud-ouest et de se coucher vers 5h30.

Rapprochement entre la Lune et Jupiter, sous l’œil de Vénus (en haut).
Image : Carine Souplet

Vers le 1er juillet, la planète circule au plus haut déjà plus tôt en soirée, ce qui facilite l’observation, alors que son diamètre apparent a à peine diminué. Lorsque la nuit tombe après 22h30, Jupiter est déjà à une quinzaine de degrés de hauteur et il est possible de commencer les observations instrumentales immédiatement. La planète passe alors au plus haut vers minuit, les observations pouvant encore se prolonger durant deux à trois heures.

Vers le 1er août, Jupiter passe au plus haut alors que le crépuscule n’est pas encore terminé, vers 22h (heure de Paris). Il faut donc privilégier son observation en début de nuit, avant que la planète ne plonge trop et disparaisse à l’horizon sud-ouest. Les conditions restent acceptables jusqu’à minuit environ.

Puis les semaines suivantes, Jupiter gagne progressivement l’horizon sud-ouest et ses conditions d’observations deviennent moins bonnes en même temps que son diamètre apparent diminue. Le mois de septembre sera celui des dernières bonnes occasions en tout début de nuit… Et il faudra ensuite attendre le 14 juillet 2020 pour que la planète soit à nouveau au plus proche de nous.

Que voir aux instruments ?

Il est déjà possible de faire d’intéressantes observations de Jupiter avec des jumelles, notamment de ses quatre principaux satellites : Io, Europe, Callisto et Ganymède. A l’aide d’une lunette ou d’un télescope, on peut cette fois accéder aux détails de son atmosphère et en particulier ses bandes nuageuses et sa Grande tache rouge.

Portrait de Jupiter et de ses quatre plus gros satellites réalisé par la sonde d’exploration Juno alors qu’elle était en approche de Jupiter, le 29 juin 2016.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS
La Grande tache rouge photographiée par la sonde Juno le 12 février 2019. Remarquez le petit lambeau qui semble se détacher en périphérie.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Kevin M. Gill

Depuis le printemps 2019, les astronomes amateurs surveillent aussi attentivement la Grande tache rouge qui semble perdre des lambeaux par épisodes. Il est impossible de dire si ce sont les prémisses de sa disparition, mais y jeter un œil régulièrement fera de vous un observateur aux premières loges si jamais cela était le cas !

Enfin, toujours aux instruments, le suivi régulier du ballet des satellites (disposition autour de la planète, passages devant le disque ou occultations par la planète) est également très intéressant.

Retrouvez d’autres explications sur l’observation aux instruments ainsi qu’un simulateur de la position des quatre principaux satellites sur notre page Observer Jupiter.

Les rendez-vous à l’œil nu à ne pas rater


Le 10 avril 2017, la Lune pleine naviguait de concert avec Jupiter, dont les quatre satellites principaux se trouvaient du même côté de la planète.
Image : Éric Brotons

Jupiter est un astre parmi les plus brillants du ciel, ce qui lui donne beaucoup d’attrait lorsque la planète se trouve à côté d’un autre point d’intérêt, en particulier la Lune. En 2019, la planète particulièrement basse sur l’horizon donne aussi l’occasion de l’intégrer facilement à un avant-plan terrestre lorsqu’on veut réaliser quelques photos d’ambiance nocturne. Voici la liste des rapprochements de cet été qui peuvent occasionner de jolis tableaux célestes.

  • Dans la nuit du 16 au 17 juin, la Lune presque pleine se trouve à moins de 2° de Jupiter.
  • Dans la nuit du 13 au 14 juillet, la Lune gibbeuse est cette fois à moins de 1,5° au-dessus de Jupiter.
  • Au soir du 9 août, la Lune d’une dizaine de jours est à environ 2° de la planète géante.
  • Les soirs des 5 et 6 septembre, le premier quartier de Lune se situe successivement à environ 6° à l’ouest puis environ 6° à l’est de Jupiter, sur l’horizon sud-ouest.
  • Mais la plus belle occasion est sans doute pour le 3 octobre : le croissant de Lune est tout proche de Jupiter à moins de 2°. Une scène à observer tôt en soirée, au-dessus de l’horizon sud-ouest. Mais nous vous en reparlerons le moment venu…

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