L’été 2019 est la période idéale pour observer la planète Saturne, la planète étant la mieux visible autour du 9 juillet.

La planète Saturne photographiée par la sonde spatiale Cassini.
Crédit : NASA/JPL/Space Science Institute

Parce qu’elle est entourée de magnifiques anneaux, Saturne est la planète préférée de la plupart des observateurs et rencontre toujours un vif succès auprès des néophytes. En 2019, elle se trouve au plus près de la Terre lors de son opposition le 9 juillet ; les nuits autour de cette date sont les meilleures pour l’observer alors qu’elle arbore son plus grand diamètre apparent.

Néanmoins, si on la compare à la planète Jupiter, sa taille est plus modeste : en juillet, le diamètre apparent de la planète fait à peine moitié de celui de Jupiter (au mieux 18,4 secondes d’arc contre 43 secondes d’arc pour Jupiter). Si l’on tient compte des imposants anneaux, le diamètre apparent monte toutefois jusqu’à 41,5 secondes d’arc, ce qui permet de bien distinguer la planète même dans une petite lunette astronomique.

Localiser Saturne

Visible sans problème à l’œil nu, la planète se trouve dans la constellation du Sagittaire pendant toute la saison d’observation 2019. Elle se déplace assez lentement sur le fond de ciel, restant durant toute cette période à l’arrière de l’anse de la théière (la forme qu’inspire le dessin de la constellation).

Illustration de la position de Saturne de juillet à octobre 2019.
Position de la planète Saturne de juillet à octobre 2019.

L’éclat de Saturne (magnitude 0,1 le 9 juillet) est assez remarquable puisqu’il surpasse celui d’Antarès, principale étoile de la constellation voisine du Scorpion ; en revanche, il ne surclasse pas la brillance de la planète Jupiter un peu plus à l’ouest, qui est l’objet le plus lumineux du ciel nocturne durant tout l’été (si on excepte la Lune). Voyez par exemple l’illustration de la soirée du 14 juillet pour avoir une vue d’ensemble de tous ces astres et constellations.

Saturne de mois en mois

La superbe planète aux anneaux a commencé à être observable en mars 2019 à l’aube. De jour en jour, elle s’est levée de plus en plus tôt si bien qu’au moment de l’opposition le 9 juillet, elle apparaît alors que le Soleil se couche et reste visible toute la nuit. Mais mieux vaut attendre que Saturne soit assez élevée dans le ciel pour l’observer dans de bonnes conditions. En effet, sa hauteur au-dessus de l’horizon reste malheureusement assez faible pour les observateurs de l’hémisphère nord. Les heures favorables sont celles où la planète est au moins à 15° de hauteur pour que les obstacles et la turbulence atmosphérique ne soient pas trop gênants. Durant la première quinzaine de juillet, il faut donc privilégier les observations entre minuit et 4h (heure de Paris) et pour la deuxième quinzaine, entre 23h et 3h.

Photo du rapprochement Lune Saturne le 31 août 2014.
Le 31 août 2014, la Lune et Saturne n’étaient éloignés que de 0,5 degrés.
Image : Gérard Bauza

Début août, la planète est déjà à plus de 15° de hauteur vers 22h30, les observations peuvent donc débuter dès que la nuit tombe, en sachant que la planète passe au plus haut à l’horizon sud autour de minuit. Son diamètre apparent n’a encore que très peu diminué et tout le mois est particulièrement favorable pour son observation, la planète passant au sud chaque jour un peu plus tôt.

En septembre, les conditions restent bonnes pour observer la planète en début de nuit, cependant son diamètre apparent commence à vraiment diminuer durant la deuxième quinzaine du mois : il faut donc profiter de ces dernières bonnes opportunités d’observation.

Enfin au mois d’octobre, il faut rechercher Saturne au-dessus de l’horizon ouest en début de nuit, mais la planète s’éloignant de plus en plus de nous, son observation devient de plus en plus délicate. Il faudra ensuite attendre la prochaine période favorable d’observation lors de son opposition, le 20 juillet 2020.

Que voir aux instruments ?

Aux jumelles de type 10×50, la forme allongée de Saturne en raison de la présence des anneaux est décelable, mais sans plus de détails.

Dans une lunette astronomique ou un télescope d’amateur, de nombreux détails deviennent accessibles, d’autant mieux que le diamètre instrumental est important. Les bandes nuageuses à la surface du globe, les différents anneaux et le ballet des satellites sont les principaux sujets d’observation. Retrouvez toutes les explications concernant l’observation de Saturne dans notre page Observez Saturne la magnifique planète aux anneaux.

Saturne entouré de cinq de ses satellites, photographiée avec un télescope de 203 mm de diamètre.
Image : Jordan Blanchard

L’inclinaison des anneaux

La particularité de Saturne, c’est son système d’anneaux que nous voyons plus ou moins inclinés au fil des années. En 2019, la visibilité des anneaux de Saturne est excellente puisque leur inclinaison est supérieure à 25 degrés.

La variation d’inclinaison des anneaux de Saturne entre 1996 et 2000, saisie par le télescope spatial Hubble.

Les rendez-vous à l’œil nu à ne pas rater

Tout comme Jupiter , la planète Saturne a régulièrement rendez-vous avec la Lune dans le ciel. Cela permet d’admirer à l’œil nu et parfois aussi aux instruments de jolis tableaux astronomiques. Voici les événements à ne pas rater en 2019.

Le 1er septembre 2014, Saturne (complètement à droite) et Mars (en bas à droite) regardaient la Lune jouer avec les nuages.
Image : Carine Souplet
  • Au soir du 14 juillet, Saturne, la Lune et Jupiter sont alignés pour la fête nationale française.
  • Dans la nuit du 15 au 16 juillet, la Lune presque pleine se rapproche progressivement de Saturne : les deux astres sont distants de 5 degrés environ en début de nuit et moins de 3 degrés vers 4h.
  • Le soir du 8 septembre, la Lune gibbeuse se trouve à moins de 4 degrés de Saturne.
  • Enfin, le soir du 5 octobre, Saturne est à moins d’un degré du limbe lunaire au moment du premier quartier. Un rapprochement à ne pas rater et qui sera aussi très esthétique dans une lunette ou un télescope !

En savoir encore plus sur Saturne, ses caractéristiques physiques et son exploration ? Lisez notre article Saturne la majestueuse.