Plus grosse planète du Système solaire, Jupiter est très facile à voir à l’œil nu et permet des observations variées et passionnantes aux instruments. Et si vous tentiez vous aussi de la découvrir ?


Jupiter vue par la sonde Cassini. L’ombre du satellite Io est visible comme une petite tache noire ronde à gauche.
Photo : NASA/JPL/Univ. of Arizona

Une planète passionnante et facile à repérer

Jupiter est un astre brillant qui repère facilement à l’œil nu car son éclat domine celui des étoiles environnantes. Un débutant peut même la confondre avec Vénus, l'”étoile du Berger” même si elle n’est pas aussi brillante à cause de son éloignement. C’est une planète gazeuse géante (11 fois la Terre en diamètre) qui peut être admirée facilement avec un petit télescope. Vous ne verrez pas autant de détails que sur les photos prises par la sonde Cassini (ci-dessus), mais vous pouvez découvrir ses bandes nuageuses… et ses quatre principaux satellites qui peuvent même être détectés avec une paire de jumelles !

Quand la voir ?

Le 10 juin 2019, Jupiter est à l’opposé du Soleil (opposition) ; pendant les semaines qui encadrent cette date, la planète est visible toute la nuit et les conditions d’observation sont idéales. Jupiter reste bien visible tout l’été 2019 et au début de l’automne.

Photo d'observateurs sous le ciel étoilé avec la constellation du Lion

Jupiter est très brillante, comme le montre cette image prise au printemps 2016 où Jupiter s’était glissée entre les pattes de la constellation du Lion.
Photo : Jean-Baptiste Feldmann

Comment la trouver ?

Il suffit de savoir que Jupiter est très brillante : moins que Vénus, mais plus que toutes les étoiles visibles dans le ciel. Vous la trouverez sans peine !

Durant tout l’été 2019, Jupiter se trouve à l’est de la constellation du Scorpion. Vous pouvez vérifier à tout moment sa position exacte avec la carte du ciel en ligne Stelvision.


Avec un puissant télescope d’amateur et/ou avec une bonne maîtrise des techniques d’imagerie, de nombreux détails de la planète sont visibles : bandes nuageuses complexes, tache rouge, ombre d’un satellite… Avec une petite lunette ou un modeste télescope (simulation en encadré), l’image est moins riche mais reste passionnante : les principales bandes nuageuses sont visibles, ainsi que les quatre principaux satellites.
Photo : Philippe Renauld.
Encadré : image réalisée avec le logiciel Stellarium

Que peut-on voir avec un instrument ?

Jupiter est une cible de choix pour les astronomes amateurs, même modestement équipés. Un petit instrument (lunette ou télescope) révèle immédiatement un disque, alors que les étoiles environnantes restent des points en raison de leur éloignement.

De plus, on voit très bien que la planète est striée de bandes nuageuses. Un petit instrument montre en général les deux principales bandes appelées ceintures équatoriales.

Avec un instrument plus conséquent (150 mm de diamètre ou plus), on perçoit davantage de détails : les bandes nuageuses sont plus nombreuses et plus complexes, la Grande tache rouge est visible. On ne peut toutefois obtenir une image vraiment détaillée que si l’atmosphère est bien stable, sans turbulence et si l’instrument est bien réglé (attention à la collimation des miroirs pour un télescope de Newton). Mais ce qui frappe avant tout, c’est que Jupiter n’est pas seule : elle est accompagnée de petits points lumineux plus ou moins alignés de part et d’autre ! Ce sont les principaux satellites de Jupiter, découverts par Galilée il y a quatre siècles avec une lunette rudimentaire. Ces quatre satellites dits galiléens se nomment Io, Europe, Ganymède et Callisto. On ne les voit pas toujours tous les quatre, car certains sont parfois cachés derrière la planète, ou passent devant.

Ces satellites faisant le tour de Jupiter en quelques jours, il est très intéressant d’observer leur évolution soir après soir.

Et avec une paire de jumelles ?

Les jumelles ne grossissent pas suffisamment pour apercevoir des détails sur la surface de Jupiter. Mais les satellites eux, sont visibles !

Calez si possible votre paire de jumelles sur un trépied, un muret ou encore un manche à balai, pour ne pas trembler. Observez attentivement et vous verrez probablement plusieurs petits points lumineux plus ou moins alignés de part et d’autre de la planète, tout près d’elle. Étonnez vos amis en leur montrant ce spectacle !

Attention : si les satellites sont trop près de la planète (par effet de perspective), voire carrément cachés derrière, vous ne les verrez pas. Utilisez le simulateur ci-dessous pour vérifier leur position.


Une simulation de la position des satellites de Jupiter

Voici les position de Io (I), Europe (E), Ganymède (G) et Callisto (C). Vision Nord en haut, ouest à droite. Amusez-vous à comparer avec ce que vous voyez en vrai ! (attention, dans certains instruments l’image vous paraîtra inversée)


Un géant gazeux

A droite, la grande tache rouge de Jupiter vue par la sonde Cassini.
Photo : NASA

Jupiter est une planète gazeuse parcourue de courants plus ou moins violents. Un véritable cyclone sévit depuis plusieurs siècles, la célèbre Grande tache rouge où le vent atteint la vitesse prodigieuse de 700 km/h ! Cette tache, grosse comme trois fois la Terre, est visible avec des moyens d’amateurs par un observateur attentif (pas très rouge en fait, mais reconnaissable car plus claire que la ceinture équatoriale dans laquelle elle est “incrustée”). Elle permet d’apprécier la vitesse de rotation impressionnante de la planète, qui fait un tour sur elle-même en dix heures seulement !

Les missions d’exploration

Jupiter a été survolée par de nombreuses sondes de 1973 (Pioneer 10) à nos jours. Les missions destinées à placer une sonde en orbite autour de Jupiter sont beaucoup plus rares : Galileo en 1995 et actuellement Juno depuis 2016, deux missions américaines. L’Europe prévoit une très ambitieuse mission : Jupiter Icy Moon Explorer (JUICE). Le lancement de JUICE est prévue pour 2022, l’arrivée sur place pour 2030. Comme son nom l’indique, JUICE explorera des “lunes glacées” de Jupiter, en l’occurrence trois des satellites galiléens de Jupiter (Callisto, Europe et Ganymède) soupçonnés d’abriter chacun un océan sous une croûte glacée. Des océans qui pourraient être habitables ? Les scientifiques ne l’excluent pas.

Le pôle sud de Jupiter vu par la sonde Juno en février 2017, à 77 600 km d’altitude.
Photo : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS

Notre dossier sur les découvertes de la sonde Juno

Et pour finir…

Découvrez une étonnante vidéo réalisée au Pic du Midi qui montre la planète tournant sur elle-même, avec un luxe de détails digne de ce haut lieu de l’astronomie planétaire (le Pic du Midi est réputé pour son atmosphère très stable qui favorise les prises de vue à haute résolution).

Observez le saisissant effet de volume, reconstitué à partir de photos haute résolution et… quelques traitements mathématiques !