Pas besoin de matériel sophistiqué ni de connaissances scientifiques pour démarrer votre exploration du ciel : suivez nos quelques conseils, et à vous les immensités cosmiques !

Que peut-on voir dans le ciel ?

Les étoiles

Environ 6000 étoiles au total, soit 2000 à 3000 étoiles à un instant et en un lieu donnés, sont visibles à l’œil nu. Ce nombre est lié à la sensibilité de l’œil humain et suppose une bonne qualité de ciel. En ville, il tombe à quelques dizaines à cause de la pollution lumineuse.

La constellation de Cassiopée est très facile à reconnaître grâce à sa forme de W.
Photo : VegaStarCarpentier

L’observation des étoiles à l’œil nu est déjà très intéressante : on peut s’émerveiller devant leur foisonnement, distinguer leurs nuances de couleurs bleutées, orangées, voire rougeâtres. On peut aussi s’entraîner à reconnaître les constellations : certaines sont très faciles comme la Grande Ourse, Orion ou Cassiopée. Il suffit d’avoir une carte du ciel comme expliqué un peu plus loin.

Avec des jumelles, on est surpris de la quantité d’étoiles qui deviennent visibles ! Une simple promenade céleste avec de petites jumelles est toujours fascinante… Et avec un télescope, les étoiles visibles se comptent en millions ! Mais elles sont tellement éloignées qu’elles apparaissent toujours ponctuelles malgré le grossissement.

Un beau rapprochement entre Mars et la brillante Vénus : l’occasion d’un joli coup de filet !
Photo Jean-Baptiste Feldmann

La Lune et les planètes

Les planètes Vénus, Mars, Jupiter et Saturne sont facilement visibles à l’œil nu. Mercure peut aussi parfois être décelée au crépuscule. Pour admirer ces planètes, il faut juste connaître leurs périodes de visibilité et apprendre à les repérer sans les confondre avec des étoiles puisqu’elles sont ponctuelles comme elles en raison de leur éloignement. Une carte du ciel à jour permet de les repérer par rapport aux étoiles environnantes.

Deux planètes sont particulièrement simples à voir. Vénus, connue comme l’étoile du Berger, est si brillante qu’on la prend parfois pour un avion qui s’approche… ou pour un OVNI ! Jupiter est aussi très brillante, si bien que comme pour Vénus, il suffit de savoir grossièrement où regarder pour la repérer sans difficulté.

C’est aussi le cas de la Lune que l’on repère sans difficulté à l’œil nu : il est facile de voir les phases changeantes de notre satellite et de constater son déplacement sur le fond de ciel étoilé de nuit en nuit. D’ailleurs, ce déplacement constant amène la Lune régulièrement à proximité des planètes : cela donne de très beaux rapprochements (on parle de conjonctions), toujours très agréables à regarder.

Avec des jumelles, on s’aperçoit que les planètes ne sont pas tout à fait ponctuelles : ce sont de minuscules boules brillantes tandis que les étoiles (beaucoup plus lointaines) sont des points. Impossible cependant d’y voir des détails. Sur la Lune en revanche, les plus gros cratères et certains reliefs peuvent être observés (voir par exemple cette fiche d’observation extraite de notre Guide d’observation spécial jumelles).

Très facile à viser et riche en détails, la Lune est la cible prioritaire pour le débutant.
Photo J.L. Dauvergne/Ciel et Espace photos

Avec une lunette astronomique ou un télescope, la Lune offre des visions réellement spectaculaires, surtout lorsqu’elle est en croissant et que l’on observe la frontière entre la partie éclairée et la partie non éclairée, là où les reliefs sont accentués par l’éclairage rasant du Soleil.

Simulation : la Lune vue dans un petit instrument

Les principales planètes sont aussi très intéressantes : même si l’image reste très petite, on perçoit immédiatement leur forme sphérique et on peut voir certains détails comme les anneaux de Saturne, les bandes gazeuses et les satellites de Jupiter, les phases de Vénus, etc.

Pour en savoir davantage sur chacun de ces astres, consultez nos pages dédiées :

Page Vénus
Page Mars
Page Jupiter
Page Saturne
Page Lune

Les étoiles foisonnent et la Voie lactée est très bien visible sur cette photo prise à la campagne, même si un peu de pollution lumineuse voile la partie située juste au dessus de l’horizon.
Photo Sylvain Wallart

La Voie lactée

Dans le ciel, la Voie lactée désigne une concentration d’étoiles appartenant à notre galaxie, indiscernables les unes des autres et formant une pâle traînée blanche. Par extension, cette traînée blanche a donné son nom à toute notre galaxie, gigantesque ensemble de 100 milliards d’étoiles dont font partie toutes les étoiles visibles à l’œil nu. La traînée blanche que nous observons est en fait une portion de notre galaxie vue par la tranche.

En été, par ciel sans Lune et sans pollution lumineuse, la Voie lactée forme une grande arche qui traverse le ciel. Quel bonheur de s’y promener avec des jumelles : c’est un fourmillement d’étoiles spectaculaire, par exemple dans la région du Cygne qui est particulièrement riche ou dans celle du Sagittaire où se trouve le centre de notre galaxie.

La nébuleuse d’Orion (M42).
Photo Gérard Colasse

Les amas d’étoiles et les nébuleuses

Les amas d’étoiles sont de magnifiques concentrations d’astres que l’on peut observer avec un télescope, une simple paire de jumelles, voire même à l’œil nu (amas des Pléiades).

Les nébuleuses sont de grands nuages de gaz qui apparaissent souvent très colorés sur les photos. Une des plus célèbres est la nébuleuse d’Orion, facile à repérer et observable aux jumelles. Attention, il ne faut pas s’attendre à voir des couleurs comme sur les photos, car l’œil humain est peu sensible aux couleurs des objets faiblement lumineux, il les voit plutôt en noir et blanc ! Utilisez le simulateur de télescope pour avoir une meilleure idée du rendu au télescope : par rapport à la photo ci-dessus, l’image est moins lumineuse et les couleurs sont fortement atténuées. Mais il y a quelque chose que les photos (et même le simulateur) ne rendent pas bien : de beaux filaments gazeux observés en direct avec des nuances subtiles, un spectacle fin pour les adeptes de l’observation visuelle !

La galaxie d’Andromède (M31) est un gigantesque groupe d’étoiles à 2,3 millions d’années-lumière de la Terre.
Photo Philippe Renauld

Les galaxies

Amas d’étoiles, nébuleuses et galaxies sont appelés objets du ciel profond par les astronomes amateurs. Les galaxies méritent tout particulièrement cette appellation en raison de leur extrême éloignement : ces immenses groupes d’étoiles sont des sortes d’îles au milieu d’un océan de vide. Nous faisons partie de l’une d’elle, la Voie lactée, et les autres sont à des millions d’années-lumière de la Terre (1 année-lumière = la distance parcourue par la lumière en un an, soit environ 9000 milliards de kilomètres). Chaque galaxie rassemble des centaines de milliards d’étoiles. A l’œil nu, il est possible d’apercevoir la galaxie d’Andromède (M31) : c’est le plus lointain objet visible sans instrument, à 2,9 millions d’années-lumière. La galaxie d’Andromède apparaît comme une petite tâche floue dans un bon ciel sans Lune et exempt de pollution lumineuse. Au besoin, une petite paire de jumelles facilite son observation en la faisant apparaître plus lumineuse. Une lunette ou un télescope permet d’accéder à des dizaines, voire des milliers d’autres galaxies. Le plus souvent, elles ne sont visibles que sous la forme de petites et pâles tâches floues en raison de leur éloignement.

Comment se repérer dans le ciel ?

Le mouvement diurne : déplacement apparent des astres par rapport à un observateur, du fait de la rotation de la Terre.
Illustration Carine Souplet – ©Stelvision

Le mouvement des astres dans le ciel

Si l’on peut voir les astres se déplacer dans le ciel au fil des heures et au fil des saisons, c’est surtout à cause des mouvements de la Terre.

De même qu’à bord d’un manège tout le paysage semble tourner, le ciel tout entier paraît animé d’un mouvement de rotation perceptible au fil des heures, du fait de la rotation de la Terre sur elle-même. Cette rotation paraît se faire autour de l’étoile Polaire, quasiment fixe dans le ciel car située dans la direction de l’axe de rotation de la Terre. A cause de ce mouvement, appelé mouvement diurne, la plupart des astres apparaissent à un moment donné au dessus de l’horizon (ils se lèvent), parcourent une certaine portion du ciel, puis disparaissent derrière l’horizon (ils se couchent).

L’aspect du ciel étoilé change suivant l’époque de l’année.
Illustration Carine Souplet – ©Stelvision

L’aspect du ciel nocturne change également au fil des mois du fait de la course de la Terre autour du Soleil. En effet, la portion d’Univers visible pendant la nuit correspond à des directions différentes suivant la position de la Terre sur son orbite. Ainsi par exemple, la constellation d’Orion est visible en janvier, pas en juillet. Pour le Cygne, c’est l’inverse.

En savoir plus : Pourquoi le ciel change-t-il au fil des nuits ?

Outre les mouvements apparents générés par les mouvements de la Terre, les astres ont aussi leurs propres mouvements. Ils sont aisément perceptibles pour des astres proches (Lune, planètes…). Les étoiles se déplacent aussi mais elles sont tellement éloignées de la Terre qu’elles apparaissent toujours à la même place les unes par rapport aux autres. C’est pourquoi elles forment des figures en apparence immuables à l’échelle d’une vie humaine : les constellations.

La carte tournante Stelvision 365 donne l’aspect du ciel pour tous les jours de l’année.

Repérer les astres avec les constellations et les alignements

Il est très utile d’apprendre à reconnaître les principales constellations ! Ces figures servent à désigner des régions du ciel et à repérer les astres intéressants à observer. Certaines d’entre elles sont très belles et vous aurez plaisir à savoir les reconnaître de soir en soir, de saison en saison…

Outre les constellations, certains alignements ou figures remarquables facilitent l’identification des astres. Par exemple, le bout de la “casserole” de la Grande Ourse prolongé cinq fois permet de repérer facilement l’étoile Polaire.

Pour apprendre à identifier les constellations et les alignements remarquables, munissez-vous d’une carte du ciel et comparez le vrai ciel à ce que vous voyez sur la carte, en partant des étoiles ou constellations les plus faciles à reconnaître, comme la Grande Ourse.

On peut utiliser une carte physique (imprimée) tournante qui permet, grâce à un disque rotatif, de visualiser le ciel pour une heure et une date données. C’est un accessoire de base pour le néophyte.

On peut aussi utiliser une carte du ciel en ligne, l’excellent logiciel gratuit Stellarium à installer sur son ordinateur ou encore une application pour téléphone. Ces outils offrent une meilleure précision et parfois des fonctionnalités très avancées. Attention toutefois, les écrans ont tendance à éblouir quand on les utilise sous les étoiles ! Ce n’est pas le cas d’une carte imprimée comme la Stelvision 365 que l’on éclaire modérément avec une lumière rouge (par exemple une petite lampe StelFlash).

Le matériel d’observation

Un petit instrument pratique et utilisable en toute occasion : les jumelles !
Composition d’après les photos d’Irina Polyakova et Xavastro

Les jumelles

Les jumelles ont l’avantage d’être très simples à utiliser et à transporter. Le champ de vision est large comparé à celui d’un télescope, ce qui simplifie grandement le pointage des objets célestes. C’est pourquoi on recommande souvent aux débutants de faire leurs premières explorations avec des jumelles avant d’acquérir un télescope… ce qui n’empêche pas les observateurs aguerris et bardés de matériel d’apprécier également la simplicité de l’astronomie aux jumelles !

Promenades dans la Voie Lactée, amas d’étoiles, nébuleuses, cratères lunaires… Les idées d’observations ne manquent pas ! On peut en trouver sur le web, notamment sur ce site avec notre guide d’observation en ligne spécial jumelles. Stelvision édite également un livre complet sur ce sujet : Le ciel aux jumelles.

Toutes les jumelles valent la peine d’être utilisées, des plus modestes aux plus puissantes. Les petites jumelles compactes pourront être emmenées partout pour des randonnées terrestres et célestes. Pour aller plus loin en astronomie, les jumelles de 40 mm à 50 mm de diamètre sont à privilégier car elles permettent de collecter un maximum de lumière. Au-delà de 50 mm de diamètre, nous sommes dans le domaine des jumelles géantes : intéressantes pour leur puissance bien sûr, mais attention elles sont lourdes, encombrantes et nécessitent d’être installées sur un trépied.

A gauche, des jumelles 10×50 : une bonne puissance pour l’astronomie. A droite, un monoculaire easyScope 8×42, moins puissant mais compact et léger pour un usage polyvalent (astronomie, balades dans la nature, voyages avec un sac léger…).

Le meilleur compromis puissance/maniabilité pour l’astronomie ? probablement les jumelles 10×50 (grossissement 10 fois, diamètre 50 mm). On en trouve sous diverses marques. Si vous souhaitez découvrir l’astronomie aux jumelles à l’aide du livre Le ciel aux jumelles, sachez que Stelvision propose une édition spéciale en coffret incluant des jumelles 10×50 ST2 qui présentent un bon rapport qualité/prix.

Une alternative aux jumelles pour ceux qui recherchent la compacité : le monoculaire easyScope, qui fonctionne sur le même principe mais avec une seule optique au lieu de deux.

Un bon instrument pour débuter : la lunette Stelescope 70, avec son diamètre de 70 mm.

Les lunettes et télescopes pour débutants

Un instrument simple permet de faire ses premiers pas en astronomie amateur et de s’émerveiller devant les cratères de la Lune ou l’anneau de Saturne sans trop dépenser. Il faut compter tout de même un minimum de 100 à 150 € pour un instrument d’initiation correct. Attention, veillez à acheter un véritable instrument dans un magasin spécialisé en astronomie ou chez un opticien : évitez absolument les jouets ou les instruments bas de gamme vendus en supermarché ! Quelques exemples de bons magasins sont donnés un peu plus bas.

Il existe deux grandes catégories d’instruments : les lunettes astronomiques et les télescopes. Les lunettes ont un objectif fait de lentilles, tandis que les télescopes ont un objectif fait de miroirs. Un débutant peut commencer indifféremment avec une lunette ou un télescope, mais la lunette est un peu plus commode car son optique ne se dérègle pas (au contraire du télescope dont les miroirs peuvent bouger et qu’il faut régler : c’est la collimation). En contrepartie, une lunette est assez limitée en puissance si on veut rester dans une gamme de prix raisonnable, car la fabrication d’un objectif de grand diamètre et de bonne qualité avec des lentilles revient très cher comparée à la fabrication d’un miroir de même diamètre. Or le principal paramètre qui caractérise la puissance de l’instrument est le diamètre de l’objectif : c’est lui qui détermine la luminosité de l’instrument et la finesse des images obtenues.

Des instruments typiques pour débuter sont par exemple :

  • la lunette de 60 mm ou 70 mm de diamètre sur monture azimutale ;
  • le télescope de 114, 130 ou 150 mm de diamètre sur monture équatoriale ;
  • le télescope de type Dobson de 150 à 200 mm de diamètre.
Un télescope de type Dobson : sa monture simple et efficace a séduit un grand nombre d’adeptes.
Photo : Skywatcher

Le télescope de type Dobson est, par sa grande simplicité mécanique, une solution pratique et économique pour démarrer d’emblée avec un télescope d’un bon diamètre (150 voire 200 mm). Les mouvements haut/bas et droite/gauche sont simples, précis et doux grâce au principe de la monture à friction inventée par John Dobson.

Un télescope de 150 à 200 mm permet de belles plongées dans le ciel profond et peut être utilisé pendant des années sans lassitude. Le passionné d’astronomie peut ensuite souhaiter aller plus loin en s’équipant de matériel de grand diamètre (250 mm ou plus), surtout s’il souhaite s’adonner à l’exploration du ciel profond qui nécessite de collecter le plus de lumière possible. Les amateurs les mieux équipés disposent ainsi d’instruments de 400, 600 mm de diamètre voire davantage, ce qui leur permet de multiplier les observations d’objets faibles et lointains et de détailler véritablement la forme de certains d’entre eux comme par exemple la forme de spirale de la célèbre galaxie des Chiens de chasse M51.

En savoir plus : notre dossier pour comprendre et choisir son télescope ou sa lunette astronomique

Rassemblement d’astronomes amateurs au Pic du Midi : le matériel et les observateurs sont prêts pour une magnifique nuit étoilée.

Découvrir et partager un peu partout

Vous voulez découvrir, progresser, choisir votre futur matériel, avoir de nouvelles idées d’observation ou tout simplement partager ? Voici quelques pistes :

Pourquoi observer le ciel ?

Pour terminer ce dossier, nous vous proposons quelques réflexions pour achever de vous convaincre de vous lancer…

Terre et ciel font partie de la nature.
Photo: Dudarev Mikhail / Shutterstock.com

Le ciel fait partie de la nature

Observer le ciel, c’est naturel. Comme d’autres activités de plein air telle la randonnée, observer le ciel met en contact avec la nature et procure le plaisir de l’exploration et de l’évasion. Que l’on parte pour une simple balade céleste, ou pour un véritable raid cosmique !

Le ciel est accessible à tous… avec un peu de patience

Pas besoin d’être scientifique pour savourer un ciel étoilé : pas plus qu’il ne faut être botaniste pour admirer les fleurs ! L’astronomie amateur est un loisir que l’on peut pratiquer presque partout : même en pleine ville, on peut trouver la brillante Jupiter entre les immeubles et les lampadaires.

Certains astres sont très faciles à observer.
Photo : Jean-Baptiste Feldmann

On peut démarrer avec peu : une carte du ciel permet de repérer simplement les principales étoiles et planètes à l’œil nu. Une paire de jumelles permet déjà de distinguer une planète d’une étoile.

Pour progresser dans cette quête des grands espaces cosmiques, patience et persévérance seront nécessaires : trouver le bon site, attendre une météo favorable, apprendre à utiliser un instrument… Mais la récompense est un voyage à des millions d’années-lumières. Pour les enfants comme les adultes, c’est très éducatif !

Voie Lactée et Mont-Blanc.
Photo : Richard Mercier

Familier des étoiles…

La satisfaction est grande d’acquérir peu à peu une familiarité avec ces étoiles qui nous accompagnent au-dessus de notre tête, toute notre vie et où que nous soyons. Une familiarité qui rend le ciel plus proche, plus compréhensible, malgré le vertige de l’infini que l’on peut parfois éprouver.

Les plus motivés partent alors à l’assaut des espaces infiniment lointains du ciel profond…