C’est ce qu’il y a de plus facile à observer dans le ciel : la Lune est un terrain d’exploration infini ! Voici quelques idées pour y faire ses premières découvertes… Avant d’aller beaucoup plus loin, qui sait ?

Les fauves du pont des Lions à Arles regardent la Lune qui se couche.
Image : Jean-Baptiste Feldmann

Située en moyenne à 384 400 kilomètres, la Lune est le seul satellite naturel de notre planète Terre. Avec ses 3 470 kilomètres de diamètre et parce qu’elle est très proche de nous comparés aux autres astres du ciel, la Lune offre de nombreuses choses à voir au curieux : forme changeante, détails de surface, rapprochements esthétiques avec d’autres astres… mais aussi quelques surprises qui font travailler l’imaginaire !

Croissant, quartier, pleine lune…

Si on voit aussi bien la Lune, il faut remercier le Soleil : c’est en effet lui qui l’éclaire et qui la rend visible à nos yeux. Vous aurez sans doute remarqué qu’au fil du temps, la Lune change de forme : parfois en fin croissant, puis en quartier, voire davantage, entièrement ronde ou même invisible ! Pourquoi ces changements ? Tout simplement parce que notre satellite tourne autour de la Terre en 28 jours environ et que depuis le point où nous l’observons, la partie éclairée par le Soleil n’est pas toujours la même.

L’aspect changeant de la Lune est dû à sa révolution autour de la Terre.
Illustration : Stelvision – Bertrand d’Armagnac – Valentine Dubois

L’autre conséquence de cette révolution en 28 jours, c’est que la Lune n’est pas toujours visible au même moment (parfois le soir, parfois toute la nuit, parfois le matin) et au même endroit dans le ciel. Faites le test : observez plusieurs jours de suite la Lune à la même heure. Vous verrez qu’elle se décale de jour en jour vers l’est : un mouvement qui fait qu’elle se lève en moyenne chaque jour 50 minutes plus tard que la veille.

Il est facile de reconnaître la pleine Lune : notre satellite est alors bien rond dans le ciel . Mais comment savoir si la Lune est au premier quartier ou au dernier quartier ? Facile : si vous ajoutez une barre sur sa limite éclairée/non éclairée, pouvez-vous former la lettre “p” ou bien la lettre “d” (en jaune, schéma ci-dessous) ? Si c’est un “p”, alors vous observez le premier quartier. Si c’est un “d”, c’est le dernier quartier. Enfantin non ? Cette astuce n’est toutefois valable que pour des observations depuis l’hémisphère nord de la Terre.

On parle aussi de Lune croissante et décroissante… Kezako ? Elle est croissante lorsque sa partie éclairée est de plus en plus grande de jour en jour, et décroissante lorsque sa partie éclairée se réduit de jour en jour. Autrement dit, elle est croissante entre la nouvelle Lune et la pleine lune (en passant par le premier quartier) et décroissante entre la pleine Lune et la nouvelle lune (en passant par le dernier quartier).

Face visible et face cachée

On vient de le voir, la Lune tourne autour de la Terre en 28 jours environ : plus exactement, 27 jours, 7 heures et 43 minutes. Mais ce qui est amusant, c’est qu’elle fait aussi un tour sur elle-même en exactement le même temps ! La conséquence de ces deux mouvements qui ont la même durée, c’est que lorsqu’on la regarde depuis la Terre, la Lune nous présente toujours la même face. Bon, c’est vrai qu’il y a quelques petites variations (on appelle cela la libration, une sorte d’oscillation de la Lune sur son axe) qui font que l’on voit parfois un peu mieux l’un ou l’autre des bords : pour finir, on peut voir à peu près 60 % de sa surface. Mais pour le reste, inutile d’espérer en voir quoi que ce soit depuis la Terre ! Il faudra vous payer un coûteux et encore utopique voyage autour de la Lune… ou vous contenter des images des missions ou des sondes d’exploration, par exemple, celles de la mission chinoise Chang’e 4, qui ont pu aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté !

La face cachée de , la Lune prise par la sonde Lunar reconnaissance orbiter (LRO).
Crédit : NASA/LRO

Entre gris clair et gris foncé

Néanmoins, sur ces 60 % de surface qui nous sont accessibles, il y a déjà de quoi découvrir. On constate qu’il y a des zones sombres et des zones claires, tout en nuances de gris. Le mieux pour s’y intéresser est d’attendre la pleine lune, lorsque toute la face visible est éclairée par le Soleil et qu’il y a un maximum de choses à voir.

Les zones sombres correspondent aux mers et océans : une appellation trompeuse car il n’y a pas une goutte d’eau à ces endroits ! En fait, il s’agit de vastes régions qui ont été recouvertes d’épanchements de lave volcanique, en particulier lors de l’impact de grosses météorites. Cette lave très riche en fer réfléchit moins la lumière du Soleil que les autres roches lunaires et ces grandes étendues planes nous apparaissent plus sombres.

Les hauts-plateaux, truffés de montagnes, failles et petits cratères développent toute une palette de gris intermédiaires. Enfin, quelques cratères affichent une teinte proche du blanc : les plus grands et remarquables sont Copernic et Tycho, qui sont de plus entourés par de brillants éjectas, grandes striures claires qui peuvent traverser une grande partie de la surface lunaire.

Sur cette image de la Lune contrastée, les différentes nuances de gris sont accentuées. Remarquez les éjectas brillants qui partent notamment de Tycho (en bas au centre) et Copernic (quart supérieur gauche).
Image : Eric Brotons

Lorsque la Lune est en fin croissant, c’est le moment d’admirer une autre nuance de gris : celle de la lumière cendrée, qui s’observe sur la partie non éclairée directement par le Soleil. Mais s’il n’y a pas de lumière, pourquoi voit-on quelque chose ? Tout simplement parce que cette surface à l’ombre est quand même légèrement éclairée par la Terre, qui reflète un peu de la lumière solaire qu’elle reçoit. Cette lueur reste faible, mais suffisante pour discerner sans peine le contour sélène situé dans la nuit. Et c’est très joli !

L’observation de la lumière cendrée de la Lune, sur sa partie non éclairée directement par le Soleil, est toujours un magnifique spectacle.
Image : David de Cuevas


Guetter les rapprochements célestes

La Lune accompagnée de Vénus et Jupiter, au dessus du clocher de Sainte Foy de Peyrolière.
Image : Gérard Bauza

Une autre façon d’admirer la Lune à l’œil nu, c’est de guetter les moments où elle se rapproche d’autres astres brillants et en particulier les planètes. Voir un rapprochement serré entre la Lune et Jupiter, Vénus ou Mars est souvent très plaisant ! Pour que le spectacle soit vraiment intéressant, il faut toutefois que l’un ou plusieurs des critères suivants soient réunis :

  • que la Lune soit en croissant ou en quartier afin que son éclat ne soit pas trop important (si la lumière cendrée est visible, c’est encore mieux) ;
  • que le rapprochement entre les deux astres soit le plus serré possible ;
  • que l’événement se déroule pas trop haut sur l’horizon, afin que l’esthétisme du premier plan apporte la touche finale.

Par chance, ce genre de rapprochement est assez régulier car la Lune circule sur une trajectoire dans le ciel qui est assez proche de celle des planètes. De plus, comme elle accomplit une révolution autour de la Terre en 28 jours, les rapprochements avec une même planète peuvent se reproduire plusieurs mois de suite !

Rapprochement entre la Lune, Vénus et Saturne au dessus de l’eau.
Image : Thierry Demange

La Lune s’approche aussi d’étoiles brillantes, mais celles-ci sont en général moins éclatantes que les principales planètes citées plus haut. Aussi, ces rendez-vous sont plus rares et un peu moins surprenants. Toutefois en hiver ou au printemps, le rapprochement de notre satellite avec quelques grands amas stellaires peut susciter l’intérêt, notamment aux jumelles : l’observation d’un croissant de Lune près de l’amas des Hyades, des Pléiades ou encore de la Crèche est particulièrement attrayant.

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Un lapin et un visage

Simple à observer, la surface lunaire est aussi un terrain de choix pour les imaginations fertiles ! Ainsi, les astronomes y ont notamment déniché un lapin, ainsi que le visage d’une femme. A l’œil nu ou plus facilement aux jumelles, saurez-vous les retrouver ?

Le lapin se repère au moment de la pleine lune. L’animal se dessine sur quasiment toute sa largeur, grâce à l’enchaînement d’une grande partie des mers et océans visibles à sa surface.

Le lapin et le visage féminin de la Lune.
Image de la Lune : NASA/LRO

Quant au visage féminin, il se déniche entre le premier quartier et la pleine lune. C’est un profil qu’il faut chercher, avec notamment une belle chevelure sombre figurée par la succession de trois mers. Une fois repéré ce visage, vous serez sous le charme car vous ne verrez plus que lui !

Pour aller plus loin

Lorsqu’on a déjà pu observer tout ce qui a été précédemment présenté, on peut déjà dire qu’on a bien fait connaissance avec notre satellite naturel. Mais si l’envie d’aller plus loin se fait sentir, sachez que la Lune est un terrain d’exploration incroyable !

En effet, l’identification des formations lunaires garantit des heures de découverte : d’abord les mers et les océans à l’œil nu mais aussi et surtout cratères, montagnes, failles et autres formations géologiques à l’aide de n’importe quel instrument.

Pour apprécier toute la beauté de ces formations lunaires, une précision importante : il faut les observer lorsque la lumière est oblique, cet éclairage formant des ombres qui donnent la sensation du relief. On regarde donc toujours de préférence les formations situées près de la limite partie éclairée-partie non éclairée (appelé le terminateur), et jamais à la pleine lune !

Pour faire vos premières identifications, vous pouvez par exemple vous aider de notre Carte de la Lune, un outil pratique qui vous sera toujours utile quelle que soit la façon d’observer : il est conçu pour l’observation à l’œil nu, aux jumelles, à la lunette ou au télescope, présente aussi neuf paysages lunaires parmi les plus spectaculaires et permet de localiser les sites où se sont posées les missions d’exploration habitées Apollo.

Puis pour aller plus loin, vous pouvez utiliser par exemple le puissant Atlas Virtuel de la Lune, logiciel gratuit en français développé par Christian Legrand et Patrick Chevalley.

Les photographes s’apprêtent à immortaliser la Lune.
Image : Jean-Baptiste Feldmann

Et si le virus vous atteint définitivement, peut-être irez-vous encore plus loin en photographiant ou en dessinant sa surface comme le font couramment les astronomes amateurs, ou bien encore en guettant des phénomènes plus rares comme le X lunaire ou les éclipses de Lune (voir par exemple le site de l’IMCCE)… Une chose est sûre : l’observation de la Lune ne laisse jamais indifférent !


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