Bien visible à l’œil nu, à la fois proche et loin de nous, Mars est sans doute le monde planétaire qui excite le plus notre imaginaire. Invisible en 2019, la planète rouge fera son retour à l’été 2020.

Vue générale de la planète Mars
Mars vue par la sonde Rosetta.
Photo : ESA

La mythique planète rouge

Mars se repère facilement à l’œil nu à certaines périodes. Quand elle est proche de la Terre, la planète brille d’un fort éclat teinté de rouge, ce qui a contribué à faire d’elle l’incarnation du dieu de la guerre (Arès chez les Grecs et Mars chez les Romains). Cette couleur caractéristique est due à une forte présence d’oxyde de fer dans le sol martien : de la rouille ! Aujourd’hui, son observation est prisée des amateurs et les images de son exploration par les sondes scientifiques captivent le grand public. Mars est en effet l’astre le plus proche de la Terre après la Lune et Vénus et un lieu où l’Homme pourrait envisager de s’installer à l’avenir… De quoi stimuler l’imagination !

Carte d’identité de Mars
Planète tellurique disposant d’une atmosphère ténue
Quatrième planète en partant du Soleil
Distance au Soleil : 207 à 249 millions de km
Diamètre équatorial : 6794 km (0,5 fois celui de la Terre)
Période de révolution sidérale : 687 jours
Période de rotation : 24h 37min

Quand voit-on la planète Mars ?

Il faut bien choisir sa période pour observer Mars dans de bonnes conditions, car son éloignement à nous varie très fortement : de 56 à 400 millions de km ! Le moment le plus favorable est celui de l’opposition, lorsque la planète est à l’opposé du Soleil par rapport à la Terre, ce qui se produit tous les deux ans. Mars est alors visible du coucher du Soleil à son lever et atteint son point le plus haut dans le ciel en milieu de nuit.

C’est également le moment (à quelques jours près) où la planète se trouve au plus près de la Terre et est donc la mieux observable, car avec le plus grand diamètre apparent. Toutefois, cette distance minimale peut varier de 56 à 101 millions de km selon les oppositions ! Une variation due à l’orbite elliptique de la planète rouge et aux périodes de révolution respectives de Mars et de la Terre, qui font que l’opposition ne se produit pas toujours à l’endroit où les deux orbites sont les plus proches.

Photo clocher avec planètes Vénus et Mars, et la Lune

Rapprochement Lune-Vénus-Mars du 21 février 2015. Remarquez les couleurs respectives des deux planètes : blanche pour l’éclatante Vénus et orangée pour Mars.
Image : Emmanuel Linden

2018 et 2020, années martiennes

Mars était justement en opposition le 27 juillet 2018, dans des conditions particulièrement favorables puisque sa distance avec la Terre était de seulement 57,7 millions de km (contre 76,1 millions de km en 2016) à cette date. C’est la distance la plus faible depuis 2003 et une telle situation ne se reproduira pas avant 2035. Le 27 juillet, la planète avait un diamètre apparent de 24,3’’ particulièrement attractif pour les observateurs et une magnitude de -2,8, signifiant un fort éclat. Mais Mars était plutôt basse sur l’horizon aux latitudes de la France métropolitaine. A Paris, elle ne s’élevait que d’une quinzaine de degrés au maximum et d’une vingtaine à Perpignan.

Lors de la prochaine opposition le 10 octobre 2020, la hauteur de Mars depuis la France métropolitaine sera beaucoup plus intéressante avec environ 50°, mais elle sera moins proche de la Terre et son diamètre apparent sera donc plus faible.

Différentes images de la planète Mars durant l'oppostion de 2014.

Évolution de la planète Mars durant l’opposition de 2014. Notez les variations de diamètre apparent.
Image : Stéphane Gonzales

Comment repérer Mars ?

Dans les périodes favorables, Mars apparaît comme une étoile très brillante et teintée de rouge : il suffit d’avoir une idée de la direction où chercher, et on la trouve facilement grâce à son éclat.

En 2020, Mars se déplacera essentiellement dans la constellation des Poissons lorsqu’elle sera au meilleur de sa visibilité.

Bien sûr, vous pouvez aussi vérifier à tout moment sa position exacte avec la carte du ciel en ligne Stelvision.

Quel instrument pour l’observer ?

  • A l’œil nu, il est bien sûr impossible de discerner des détails sur Mars. En revanche, sa brillance à l’opposition donne de jolis tableaux visuels lors de ses rapprochements avec la Lune.
  • Aux jumelles, son intérêt reste limité, aucun détail n’étant accessible.
  • Une lunette ou un télescope de 60 à 100 mm de diamètre avec un fort grossissement permet de faire apparaître le disque, mais sans plus. Il faut en général un instrument d’au moins 115 à 130 mm et un grossissement fort (jusqu’à 1,5 fois le diamètre instrumental) pour que les premiers détails de surface soient accessibles.

Réunir les bonnes conditions

Mars offre alors des détails intéressants à condition de se montrer patient et persévérant dans l’observation. Retenez qu’il faut :

  • éviter toutes les sources de turbulence (remous d’air), qui brouillent les images. La turbulence atmosphérique se détecte en observant attentivement à l’œil nu l’aspect des étoiles : si elles scintillent, c’est qu’il y en a. Préférez aussi une soirée sans vent. Pour éviter la turbulence à l’intérieur de votre instrument, pensez à le sortir au moins une heure d’avance pour que sa température s’équilibre avec celle de l’extérieur ;
  • attendre que la planète monte le plus haut possible dans le ciel, pour justement minimiser la turbulence atmosphérique.
  • scruter longuement et très attentivement la planète pour que les détails se révèlent ! L’utilisation d’un filtre rouge clair à visser à l’arrière de l’oculaire peut aussi vous aider à mieux voir certains détails.

Que peut-on voir de la surface de Mars ?

Dessin de MArs au télescope de 400 mm.

Mars dessinée par un astronome amateur chevronné à l’aide d’un télescope de 406mm de diamètre (grossissement 470X). Il n’est pas aisé de voir tant de détails mais ce dessin donne une idée de ce qui est atteignable par un amateur en observant très attentivement, dans de bonnes conditions. Remarquer notamment la calotte polaire en bas à droite.
Dessin : Frédéric Burgeot

En effet, un télescope d’amateur révèle certaines nuances de son sol rocailleux. De grandes formations caractéristiques sont visibles et apparaissent sous forme d’étendues sombres, comme par exemple Syrtis Major qui doit sa couleur à des roches basaltiques issues d’une activité volcanique. D’autres étendues sont au contraire claires à l’exemple du bassin d’impact Hellas Planitia, en raison des poussières soulevées par les vents martiens.

Autre particularité de la planète rouge, la possibilité de voir des étendues de glace aux pôles ! Selon les oppositions, la calotte nord ou la calotte sud peuvent être observées, en fonction également de la saison sur Mars au moment de l’observation (les calottes sont beaucoup plus étendues en hiver).

La carte ci-dessous permet de tenter de repérer quelques grandes formations. Si vous observez Mars de façon répétée et assidue, sachez qu’avec sa période de rotation un peu plus longue que celle de la Terre, un détail donné sera visible chaque soir au même endroit une quarantaine de minutes plus tard que le jour précédent. Ce qui signifie aussi, si vous observez la planète tous les soirs à la même heure pendant 36 jours d’affilée, que vous pouvez alors observer la totalité de sa surface !

Carte de la surface de Mars légendée

Carte de la surface martienne avec ses principales régions. Le nord est en haut et l’ouest est à gauche, mais selon l’instrument utilisé, l’image observée peut être inversée sur un ou deux axes.
Image : USGS Astrogeology Science Center

Par Bertrand d'Armagnac et Carine Souplet - Mise à jour juillet 2019

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