Le 28 novembre 2022, le vaisseau Orion a atteint le point le plus lointain de son voyage lunaire, à 432 210 kilomètres de la Terre. En attendant son retour, on peut d’ores et déjà saluer le succès de ce voyage aller et en revivre quelques temps forts en images.

photo du décollage de la fusée SLS de la mission Artemis I
Le 16 novembre 2022, l’énorme fusée SLS décolle du centre spatial Kennedy. Elle emporte le vaisseau spatial Orion qui sera injecté deux heures plus tard sur une trajectoire le conduisant à survoler la Lune. Pour cette toute première mission du programme Artemis, aucun équipage n’est à bord. La retransmission intégrale de l’événement est disponible ici. Photo : NASA/Bill Ingalls

photo de la directrice de vol Artemis I se faisant couper la cravate
Après cette phase réussie, la directrice de lancement Charlie Backwell-Thompson se plie à la tradition de la NASA : pour son premier vol à ce poste crucial qui consiste à coordonner les opérations de lancement, elle se fait couper la cravate par un ancien directeur des lancements ! Aux ciseaux, Mike Leinbach qui a supervisé de nombreux lancements de la navette spatiale. Une nouvelle génération est maintenant à l’œuvre. Crédit : Nasa

photo montrant le vaisseau Orion et la Terre au loin
Le 16 novembre, 1er jour de la mission Artemis I. Cette première image haute résolution prise par la caméra située sur l’un des panneaux solaires du vaisseau spatial Orion montre notre planète la Terre qui se situe alors à un peu plus de 90 000 km. À noter : une partie du vaisseau Orion est made in Europe et c’est justement la partie visible sur la photo ! (Voir image suivante). Crédit : Nasa

Schéma du vaisseau spatial Orion
On le souligne trop peu : une part importante du vaisseau Orion, le module de service européen (ESM), est fabriquée en Europe par Airbus sous la tutelle de l’Esa, l’agence spatiale européenne. Ce module réunit diverses fonctions essentielles comme la propulsion et la fourniture d’énergie électrique via les panneaux solaires. Une partie des équipements électroniques et le système électrique ont été fabriqués en France. Le module est assemblé en Allemagne. (Cliquez pour agrandir l’image). Crédit : Esa

photo de l’intérieur du vaisseau Orion lors de la mission Artemis I
L’intérieur du vaisseau Orion avec à gauche le mannequin qui figure un astronaute des futures missions habitées, au 5e jour de la mission Artemis I. Au centre, le prototype de l’équipement de commande Callisto qui inclut notamment un assistant vocal basé sur la technologie Alexa d’Amazon. Observez le petit personnage orange entre Callisto et le logo NASA : il s’agit de Snoopy ! Cette peluche en combinaison d’astronaute est là pour témoigner de l’absence de gravité à bord. (Cliquez pour agrandir l’image). Crédit : Nasa

La suite après cette annonce

Le vaisseau Orion survole la Lune.
Le 21 novembre 2022, 6e jour de la mission Artemis I, le vaisseau spatial Orion survole la Lune à 130 km de sa surface. Une partie de la face cachée de notre satellite est ici visible, avec notamment à gauche une grande tache sombre caractéristique : la mer Orientale (Mare Orientale). On peut regretter que l’image de la Lune semble un peu fade, peu contrastée : ceci s’explique par les conditions de prise de vue, avec une caméra calibrée pour surveiller le vaisseau Orion. Crédit : Nasa

Cratères lunaires vus lors de la mission Artemis I
Ce même 21 novembre, la caméra de navigation réalise des gros plans de la surface lunaire. Cette caméra a pour mission d’aider les astronautes à orienter le vaisseau durant différentes phases de vol. Si de nombreux détails sont visibles, on peut déplorer que des zones soient surexposées (entièrement blanches), ce qui conduit à une image peu esthétique. Manifestement, la NASA a privilégié un objectif technique (valider un instrument de navigation) et n’a pas cherché à soigner les prises de vues de la surface lunaire. Crédit : Nasa

Le vaisseau Orion, la Lune et la Terre
Le 28 novembre 2022, 13e jour de la mission Artemis I, le vaisseau spatial Orion atteint sa distance maximale par rapport à la Terre, bien au-delà de la Lune, à 432 210 km. La caméra montée sur l’un des panneaux solaires montre la Lune et la Terre. Par effet de perspective, notre planète semble plus petite mais en réalité, son diamètre est presque quatre fois plus grand. Remarquez également qu’aucune étoile n’est visible, ce qui est dommage pour l’esthétique mais parfaitement normal ! En effet, comme le savent nos amis astrophotographes, pour faire apparaître la faible lueur des étoiles il aurait fallu utiliser un temps de pose nettement plus long que celui utilisé pour photographier le vaisseau, la Lune et la Terre, tous fortement éclairés par le Soleil. Crédit : Nasa

Et ensuite ?

schéma indiquant la trajectoire de la mission Artemis I
En bleu, le voyage retour vers la Terre. Orion doit terminer sa course dans l’océan Pacifique le 11 décembre 2022 avant d’être récupéré par la marine américaine. Crédit : Nasa

Et encore ensuite ?

La mission Artemis II doit emmener un équipage en orbite autour de la Lune, en 2024. Puis, Artemis III conduira un autre équipage destiné à marcher sur la Lune, en 2025. C’est l’impressionnant vaisseau lunaire Starship qui réalisera l’alunissage, comme expliqué dans notre article dédié au programme Artemis.

D’autres missions Artemis doivent suivre : à ce jour, Airbus a reçu commande de six modules ESM au total, couvrant les missions Artemis I à Artemis VI.

Et la Nasa ne manque pas de rappeler que son ambition est d’aller ensuite encore plus loin dans l’exploration humaine avec en ligne de mire la planète Mars : au moment même où la fusée SLS décollait, le commentateur de la chaîne Nasa clamait : « Back to the Moon, and beyond ! ».