On croit souvent que les étoiles filantes ne se donnent en spectacle qu’en été : il n’en est rien ! Voici l’essentiel pour comprendre le phénomène et en profiter toute l’année.

Des étoiles filantes pour tous et en toutes saisons !

Les étoiles filantes sont essentiellement associées aux nuits estivales, notamment en août avec les Perséides. Les températures douces et notre disponibilité durant cette période de vacances facilitent leur observation. Mais il est possible de voir des étoiles filantes toute l’année : on recense en effet environ 70 essaims (le nom donné à chaque groupe d’étoiles filantes) répartis au fil des mois. Nombre d’entre eux sont peu intéressants car peu denses, mais une petite dizaine mérite l’attention, certains étant aussi dignes d’intérêt que les Perséides !

Qu’est-ce qu’une étoile filante ?

Une étoile filante, qu’on appelle aussi météore, n’a rien de commun avec une étoile. Il s’agit du phénomène lumineux accompagnant l’entrée dans notre atmosphère de poussières circulant dans le système solaire. Ces poussières arrivant à grande vitesse s’échauffent et deviennent brièvement incandescentes à une altitude généralement comprise entre 70 et 120 kilomètres d’altitude, avant de se vaporiser. Les étoiles filantes correspondent à cette phase d’incandescence. Le plus souvent, les poussières sont minuscules (un millimètre ou beaucoup moins). Mais parfois, elles ont un peu plus grosses et leur incandescence peut alors durer une seconde ou davantage, tout en étant beaucoup plus intense et parfois persistante : on parle alors de bolide.

Essaim d'étoiles filantes des Géminides.

Les étoiles filantes d’un même essaim semblent toutes provenir du même endroit dans le ciel appelé radiant : sur cette image, celui-ci est localisé dans la constellation des Gémeaux, il s’agit donc de l’essaim des Géminides.
Illustration : Carine Souplet – Stelvision

Quelle origine et quelles caractéristiques ?

Ces poussières sont le plus souvent éjectées par les comètes à leur approche du Soleil. Les particules sont éparpillées le long de la trajectoire suivie par leur astre parent et c’est lorsque la Terre croise cette trajectoire que la pluie d’étoiles filantes se déclenche. La répartition de ces poussières n’est pas homogène, ce qui explique pourquoi la quantité d’étoiles filantes varie au cours de la période de visibilité d’un essaim. Il arrive aussi que des particules « solitaires » tombent sur Terre : on parle alors d’étoiles filantes sporadiques.

Un observateur attentif constatera que certaines étoiles filantes sont très rapides et d’autres beaucoup plus lentes. Cette différence s’explique par la façon dont les particules entrent dans l’atmosphère : elles ont en effet une trajectoire propre qui, additionnée à celle de la Terre filant à environ 30 kilomètres/seconde (plus de 100 000 kilomètres/heure !), fait varier leur vitesse d’entrée dans l’atmosphère entre 10 et 70 kilomètres/seconde, soit environ 35 000 à 250 000 kilomètres/heure.

Enfin, les étoiles filantes d’un même essaim peuvent apparaître un peu partout dans le ciel, mais elles semblent toutes provenir d’un même endroit lorsqu’on prolonge leur trajectoire : on appelle cet endroit le radiant. D’une année sur l’autre, le radiant est toujours situé dans la même constellation qui donne alors son nom à l’essaim. Ainsi, les Perséides ont pour radiant la constellation de Persée, les Léonides semblent toutes provenir du Lion, etc.

Etoile filante dans un ciel partiellement dégradé par la pollution lumineuse issue de la ville de Lyon.

Étoile filante dans un ciel partiellement dégradé par la pollution lumineuse issue de la ville de Lyon. Il est important de choisir un site épargné par les lumières gênantes.
Crédit : Gérard Colasse

En quantité variable

Comme dit précédemment, certains essaims d’étoiles filantes sont beaucoup plus intéressants que d’autres, parce qu’ils sont plus denses : on a ainsi un nombre beaucoup plus élevé d’étoiles filantes visibles par heure. Cette caractéristique s’appelle le ZHR (pour zenithal hourly rate), c’est le nombre d’étoiles filantes que l’on peut théoriquement voir au zénith en une heure dans des conditions optimales. Ce nombre varie au fil de la période de visibilité de chaque essaim d’étoiles filantes, avec le plus souvent un maximum assez court (quelques dizaines de minutes à quelques heures) à date fixe, correspondant au moment où la Terre se trouve dans la zone la plus dense du nuage de poussières. Pour voir de nombreuses étoiles filantes, il est donc préférable de privilégier ce moment, bien que les heures qui précèdent et qui suivent soient aussi intéressantes.

Optimiser ses chances d’en voir

Pour voir ces fines flèches lumineuses, il faut aussi avoir les meilleures conditions d’observation possibles. Voici les trois grands points à retenir.

Évitez les lumières gênantes : pour être vu, le maximum doit tout d’abord se produire… la nuit, avec un ciel bien dégagé (sans voile nuageux) et le moins de Lune possible. Autre paramètre essentiel : la pollution lumineuse. Si elle est trop présente, elle masquera les étoiles filantes les plus faibles, amenuisant les chances d’en voir un grand nombre. On comprend donc l’intérêt de trouver un endroit bien sombre pour s’assurer du spectacle.

De bons yeux, de la patience, une chaise longue et une couverture, les outils de base du chasseur étoiles filantes !

De bons yeux, de la patience, une chaise longue et une couverture, les outils de base du chasseur d’étoiles filantes !
Photo : Carine Souplet – Stelvision

Regardez dans la bonne direction : les étoiles filantes peuvent apparaître partout dans le ciel, mais certaines zones du ciel sont à privilégier. Il faut s’orienter vers le radiant, sans porter les yeux spécifiquement sur lui. Le mieux est de regarder dans la zone la plus haute du ciel située à environ 45° (un quart de la voûte céleste) du radiant. Il n’est donc pas indispensable de voir ce dernier (il peut être par exemple caché par les arbres ou une montagne) pour traquer l’essaim associé. En revanche, plus il sera haut dans le ciel et plus les conditions d’observation seront bonnes : si l’heure du maximum tombe au moment où le radiant est au plus haut, courrez observer, en sachant également qu’après minuit, les chances sont encore meilleures puisque nous faisons face à la direction de la Terre sur son orbite ! Par comparaison, pensez à la quantité de pluie qui s’abat sur le pare-brise avant d’une voiture en mouvement, et à celle bien moindre à l’arrière…

Installez-vous confortablement : l’observation des étoiles filantes pouvant durer plusieurs heures, couvrez-vous chaudement. Et comme les météores apparaissent un peu partout dans le ciel, privilégiez la position allongée pour ne pas avoir mal au cou au bout de quelques minutes. La chaise longue est donc indiquée, complétée par une chaude couverture et un bon petit coussin sous la tête ! Une fois installé ainsi, il ne restera plus qu’à patienter… sans s’endormir !

Les principaux essaims d’étoiles filantes

NOM INTERVALLE D’ACTIVITÉ PIC D’ACTIVITÉ NOMBRE MAX. PAR
HEURE (actuellement)
VITESSE (km/s)
Quadrantides (radiant : Bouvier) 1er janvier – 5 janvier 2 – 3 janvier 120 40
Lyrides 15 avril – 28 avril 21 – 22 avril 15 50
êta Aquarides 19 avril – 28 mai 5 – 6 mai 60 65
Perséides 17 juillet – 24 août 11 – 12 août 80 60
Orionides 2 octobre – 7 novembre 20-21 octobre 25 65
Léonides 14 novembre – 21 novembre 17-18 novembre 15 70
Géminides 7 décembre – 17 décembre 13-14 décembre 120 35
Ursides 17 décembre – 26 décembre 21-22 décembre 15 30