Comment choisir son télescope ou sa lunette

Vous souhaitez acheter un télescope ou une lunette mais vous n’êtes pas familier du domaine ? Voici notre dossier complet pour vous aider à comprendre et à choisir !

photo d'observateur qui observe les étoiles au télescope à la montagne. Crédit : Carine Souplet / Stelvision.
Observation du ciel dans les Alpes avec un télescope de 200 mm de diamètre. L’optique est de type Newton (observation sur le côté) et la monture est de type Dobson, simple et efficace, posée à même le sol. Photo : Carine Souplet / Stelvision.

Y a-t-il un télescope idéal pour débutant ?

Le choix d’un télescope est un compromis entre performances, mode d’utilisation, encombrement et budget. Par exemple, allez-vous utiliser votre instrument en ville ou sous un bon ciel de campagne ? Voudrez-vous observer directement avec vos yeux (on appelle cela observation visuelle) et éventuellement faire quelques photos avec votre téléphone pour garder un souvenir, ou souhaitez-vous faire de la photo avancée (astrophotographie) ? Appropriez-vous les notions de base et vous vous sentirez plus à l’aise pour faire le bon choix !


Sommaire

Vue d’ensemble d’un instrument d’astronomie

La partie optique | La monture | Les accessoires

Prendre des photos | Les smart telescopes (télescopes intelligents)

Choix possibles selon l’usage et le budget


Vue d’ensemble d’un instrument d’astronomie

Image d'illustration montrant les différents constituants d'une lunette astronomique
Les constituants d’un instrument d’astronomie. Photo : Stelvision

Un télescope ou une lunette astronomique comprend toujours :

  • un tube optique : la partie principale de l’instrument, chargée de former des images des astres ;
  • une monture qui supporte le tube optique et permet de l’orienter dans une direction précise ; la monture est associée à un trépied, sauf dans le cas des montures de type Dobson qui sont posées directement par terre ou sur une table ;
  • des accessoires : les plus indispensables sont les oculaires et le chercheur (ou pointeur).

Chacun de ces constituants doit être considéré soigneusement avant de faire votre choix. Car un bon tube optique sera pénible à utiliser si la monture est instable et peu précise. Il se doit aussi d’être bien équipé avec des accessoires de qualité, livrés d’origine ou acquis séparément.

Abordons maintenant chaque constituant…

La partie optique d’un télescope ou d’une lunette

La partie optique d’un instrument d’astronomie a deux fonctions :

  • amplifier la lumière et révéler ainsi des astres lointains que l’œil nu ne peut pas percevoir en raison de sa sensibilité limitée ;
  • grossir les objets observés pour faire apparaître les détails invisibles à l’œil nu (cratères sur la Lune, anneaux de Saturne…).

Télescope ou lunette astronomique ?

Ces deux types d’instrument fonctionnent de manière similaire mais sont conçus différemment :

  • la lunette astronomique a pour pièce optique principale un objectif, c’est-à-dire une lentille (ou groupe de lentilles) placée à l’avant de l’instrument ;
  • le télescope est basé sur un miroir disposé à l’arrière de l’instrument.

Remarque : certains utilisent le mot télescope même dans le cas d’une lunette (on parle alors de télescope réfracteur pour une lunette et de télescope réflecteur pour un télescope à miroir).

Photo illustrant la différence entre une lunette astronomique et un télescope
À gauche une lunette astronomique dont l’objectif est visible à l’avant du tube. À droite un télescope dont la pièce maîtresse est un miroir, visible au fond du tube. Photo : Stelvision

Principe de la lunette astronomique

La lumière venant des astres passe à travers l’objectif de la lunette et se concentre en un point où l’on place un oculaire, sorte de loupe qui forme l’image avec un grossissement plus ou moins fort. Pour éviter à l’observateur de se tordre le cou lorsque l’instrument est pointé vers le ciel, on place un renvoi coudé juste avant l’oculaire pour dévier le faisceau à 90°.

Schéma de principe d'une lunette astronomique ou télescope réfracteur montrant le trajet des rayons lumineux dans l'instrument.
Schéma de principe de la lunette astronomique. Nous présenterons plus loin les paramètres optiques principaux indiqués en bleu : le diamètre D et la focale f. Illustration : Valentine Dubois / Stelvision

L’objectif d’une lunette est en général composé de plusieurs lentilles pour éviter un phénomène gênant appelé chromatisme qui se traduit par des liserés colorés autour des astres. Une lunette dite achromatique comporte un objectif à deux lentilles qui élimine en bonne partie le problème, surtout si la lunette est longue (le chromatisme est plus présent sur les lunettes courtes). Mais si on veut pousser plus loin la correction du chromatisme pour avoir une image parfaite, ou si on veut une lunette très courte, il faut un objectif qui combine trois ou quatre lentilles et/ou qui utilise des verres particuliers. Une lunette munie d’un tel objectif est dite apochromatique (« apo ») et coûte beaucoup plus cher.

Principe du télescope classique

Le type de télescope le plus répandu chez les astronomes amateurs porte le nom de son inventeur Newton. La lumière venant des astres se réfléchit sur le miroir principal du télescope (miroir primaire), qui a une forme parabolique et qui assure la fonction de collecte et de concentration de lumière. Le faisceau concentré est renvoyé vers l’avant du tube. Il est ensuite dévié par un miroir secondaire pour que l’observateur puisse se placer sans obstruer l’entrée du télescope. Ensuite, l’oculaire fait son travail de formation et d’agrandissement de l’image.

Schéma de principe d'un télescope astronomique de type Newton montrant le trajet des rayons lumineux dans l'instrument.
Schéma de principe du télescope de type Newton. Illustration : Valentine Dubois / Stelvision

Principe du télescope compact

Il existe des télescopes dans lesquels on observe non pas sur le côté, mais dans le prolongement du tube comme dans le cas d’une lunette : un miroir secondaire convexe renvoie le faisceau vers le centre du miroir principal, dans lequel un trou est pratiqué pour laisser passer la lumière et placer l’oculaire. Le miroir principal est sphérique et complété par une lentille à l’entrée du tube, appelée lame correctrice ou ménisque. Ces télescopes de type Schmidt-Cassegrain et Maksutov-Cassegrain sont compacts car le faisceau lumineux est en quelque sorte replié sur lui-même.

Schéma de principe d'un télescope de type Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain montrant le trajet des rayons lumineux dans l'instrument.
Schéma de principe du télescope de type Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain. Illustration : Valentine Dubois – Stelvision

Quel type d’instrument faut-il préférer ?

Télescopes et lunettes remplissent les mêmes fonctions : collecter de la lumière et grossir les objets observés. À partir d’un certain diamètre, on privilégie le télescope pour des raisons de coût car un miroir de télescope est moins complexe à réaliser qu’un bon objectif de lunette, composé de plusieurs lentilles. En contrepartie, un télescope nécessite de faire de temps en temps un réglage appelé collimation pour conserver une qualité d’image optimale. C’est une opération de ré-alignement des miroirs qui n’est pas très compliquée mais que peuvent redouter les débutants qui la découvrent.

Les deux paramètres essentiels d’un télescope ou d’une lunette : diamètre et focale

Les deux paramètres optiques utilisés pour caractériser un instrument d’astronomie sont :

  • le diamètre de l’objectif ou du miroir (D) ;
  • la focale (f).

Ces deux paramètres sont exprimés en général en millimètres.

On désigne souvent un instrument par le couple diamètre / focale, par exemple :
« lunette 70 / 900 » pour une lunette de 70 mm de diamètre et de 900 mm de focale.
Le diamètre est le paramètre le plus important.

Pourquoi le diamètre d’un télescope ou d’une lunette est-il si important ?

En dehors des considérations de budget ou d’encombrement, un diamètre le plus grand possible est souhaitable car :

  • le diamètre détermine la luminosité des images : plus l’instrument est gros, plus il collecte de lumière ;
  • le diamètre conditionne également la finesse des images obtenues : dans des conditions idéales (instrument sans défaut, atmosphère stable), un diamètre deux fois plus grand révèle des détails deux fois plus fins.

Luminosité et finesse sont souvent caractérisées sur les fiches techniques des fabricants par des performances chiffrées :

  • La magnitude limite, qui caractérise la luminosité des étoiles observables les plus faibles (tout savoir sur la magnitude) ;
  • Le pouvoir séparateur, qui indique la finesse des détails accessibles. C’est un angle exprimé en secondes d’arc qui doit être le plus petit possible et qui est inversement proportionnel au diamètre.
Simulations d'observation de la Lune à fort grossissement avec une petite lunette et un gros télescope d'amateur.
Simulation d’une observation de la Lune avec deux instruments de diamètres très différents (60 mm et 300 mm). Le diamètre d’un télescope influe à la fois sur la clarté et sur le niveau de détail. Simulations : simulateur de télescopes Stelvision.

Quel sont les diamètres des télescopes et lunettes couramment utilisés ?

Les instruments de débutant ont le plus souvent un diamètre compris entre 60 et 200 mm. Après quelques années de pratique, les passionnés de ciel profond peuvent rêver de télescopes de gros diamètre (250 mm et plus) pour chasser les galaxies les plus lointaines ou les pâles nébuleuses qui se distinguent à peine du fond du ciel. Mais ces gros télescopes s’avèrent plus difficiles à transporter !

Et la focale ?

La focale d’un télescope ou d’une lunette a une influence sur :

  • les grossissements obtenus, plus forts avec une focale longue (mais nous verrons plus loin qu’un grossissement fort n’est pas toujours souhaitable) ;
  • l’encombrement de l’instrument.

Une lunette classique (achromatique) est toujours assez longue : sa focale fait de l’ordre de 10 à 13 fois son diamètre, par exemple 700 mm pour un diamètre de 60 mm. C’est une condition pour fournir de bonnes images dans un budget raisonnable, en raison du problème de chromatisme évoqué plus haut. Une lunette apochromatique, beaucoup plus chère, peut avoir une focale plus courte.

Un télescope Newton peut lui aussi avoir une focale courte, de l’ordre de 5 ou 6 fois son diamètre (par exemple 1200 mm de focale pour un diamètre de 200 mm). Du moins, dès lors que son miroir principal est un véritable miroir parabolique. Sur certains modèles d’entrée de gamme, le miroir est sphérique (plus facile à produire), ce qui est acceptable à condition d’avoir une focale assez longue (par exemple 8 fois le diamètre pour un télescope 114 / 900).

Un Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain a toujours une focale longue malgré son aspect compact.

Quel grossissement pour un télescope ?

Précisons d’abord que le grossissement n’est pas un véritable critère pour choisir un télescope ou une lunette astronomique. En effet, le grossissement dépend de l’oculaire utilisé. Un instrument est toujours livré avec plusieurs oculaires que vous complèterez au fur et à mesure de vos utilisations. On peut donc considérer le grossissement comme un paramètre ajustable.

Ne croyez pas qu’un instrument d’astronomie doit grossir le plus possible. Car les grossissements faibles ou modérés peuvent s’avérer beaucoup plus appropriés que les grossissements forts dans beaucoup de cas. En effet :

  • un fort grossissement rend l’image moins lumineuse ;
  • il fait perdre la vue d’ensemble en rétrécissant le champ de vision ;
  • il peut conduire à une image floue en raison de la limitation de résolution de l’instrument ; cette limitation est inversement proportionnelle au diamètre, si bien qu’en général on évite tout grossissement supérieur à 2 fois le diamètre de l’instrument en millimètres ; souvent, un grossissement limité à 1 fois ou 1,5 fois le diamètre est préférable ;
  • de plus, l’atmosphère est rarement complètement stable : de même que l’air semble bouillonner au-dessus d’une route goudronnée surchauffée, les images grossies fortement au télescope sont souvent brouillées par la turbulence atmosphérique. Ce phénomène de remous empêche de voir les détails les plus petits et il est d’autant plus gênant que le grossissement est fort.
Comparaison des images obtenues avec un faible et un fort grossissement avec une petite lunette astronomique.
Une petite lunette de 60 mm utilisée à faible grossissement donne de plaisantes vues d’ensemble de la Lune. Avec un grossissement très fort l’image devient sombre, moins contrastée et moins piquée. Simulations : simulateur de télescopes Stelvision

L’observation de la plupart des objets du ciel profond (amas d’étoiles, nébuleuses, galaxies) se fait à faible grossissement (par exemple 40 à 50 fois) pour garder une bonne luminosité et l’agrément d’un grand champ de vision. Pour scruter les détails sur la Lune et les planètes, on apprécie de pouvoir pousser le grossissement, par exemple à 100 ou 200 fois si l’instrument et l’atmosphère le permettent. Cependant, un instrument modeste grossissant 50 fois montre déjà les anneaux de Saturne et de très nombreux cratères lunaires.

La monture du télescope ou de la lunette

Le rôle de la monture est important et multiple :

  • soutenir l’instrument, de manière aussi stable que possible car toute vibration gêne l’observation, surtout à fort grossissement (évitez les montures d’aspect frêle sur trépied à jambes très fines) ;
  • le diriger vers une région du ciel précise (le champ de vision est étroit, il faut viser juste !) ;
  • éventuellement : suivre la trajectoire des astres dans le ciel.

Il existe trois familles de montures : azimutale, équatoriale, Dobson. Et des variantes « Go-to » pour automatiser le pointage et le suivi.

La monture azimutale

La monture azimutale est ce qu’il y a de plus simple et intuitif, avec des mouvements droite/gauche et haut/bas pratiqués en général manuellement. Pour ceux qui privilégient la simplicité, une bonne monture azimutale est parfaite !

Il y a bien sûr une contrepartie à cette simplicité : à cause de la rotation de la Terre qui fait défiler le ciel, l’astre observé a tendance à s’enfuir du champ de vision en une minute ! Il faut donc le suivre dans sa course. Une monture azimutale oblige à agir sur les deux mouvements (droite/gauche et haut/bas) car l’astre décrit une courbe dans le ciel. Si vous ne cherchez pas à faire de l’astrophotographie, ce n’est pas un gros inconvénient car on prend facilement l’habitude de faire ce suivi manuellement.

photo montrant une monture azimutale de lunette astronomique
Cette monture azimutale très simple dispose de mouvements à friction comme dans le cas d’un pied photo/vidéo. La grosse poignée permet de diriger facilement l’instrument et d’ajuster la dureté du mouvement en hauteur. Photo : Stelvision

La monture équatoriale

Avec une monture équatoriale, le suivi est plus confortable : elle dispose d’un axe de rotation parallèle à celui de la Terre et il suffit d’agir sur un seul mouvement pour suivre l’astre. On peut même ajouter un moteur électrique pour assurer un suivi automatique et se concentrer sur son observation.

En contrepartie : une monture équatoriale est plus lourde et plus complexe qu’une monture azimutale ou une monture Dobson. Le maniement est moins intuitif en raison des axes inclinés. Et le suivi ne fonctionne que si la monture est préalablement réglée en inclinaison par rapport à la latitude du lieu, et orientée par rapport au nord (opération de mise en station) .

Photo de monture équatoriale de télescope (modèle Stelescope 130)
Une monture équatoriale est reconnaissable à ses axes inclinés. Photo : Stelvision

Pour l’observation visuelle, une monture équatoriale n’est pas indispensable mais apporte du confort lors de l’observation à fort grossissement (Lune, planètes…). Pour l’astrophotographie, elle est en revanche incontournable. Elle doit être particulièrement stable et précise pour éviter tout bougé pendant les longues poses. C’est pourquoi, passé le stade de la première initiation, les astrophotographes finissent en général par s’équiper de montures de haute précision (particulièrement coûteuses).

La monture Dobson

Il s’agit d’une variante de monture azimutale, sans trépied, de conception simple mais efficace (on dit « un Dobson » pour désigner un télescope équipé d’une telle monture).

Photo du Stelescope 200, un télescope Dobson de 200 mm (ici en version avec pointeur QuikFinder)
Un télescope Dobson. Photo : Stelvision

La monture – en bois le plus souvent – est directement posée sur le sol. Pour diriger le télescope, il suffit de l’orienter à la main selon les directions haut/bas-gauche/droite. Un mécanisme de friction assure un pointage précis malgré sa simplicité. Ce type de monture étant économique par rapport à une monture équatoriale, il est apprécié par les observateurs en quête d’un instrument de grand diamètre dans un budget et un encombrement restreints. À partir d’un certain diamètre (250 mm et plus), c’est le seul choix raisonnable à moins de vouloir construire un véritable observatoire : en effet les instruments équatoriaux de grand diamètre sont onéreux et presque intransportables.

Devant l’engouement suscité par la simplicité de la monture Dobson, les fabricants proposent également ce type de monture pour des instruments de petit diamètre (entre 60 et 150 mm) : on parle alors de mini Dobson ou de Dobson de table.

Mini Dobson de table 100 / 640
Un Dobson de table de 100 mm de diamètre. Si l’on n’a pas de table, un tabouret convient très bien. Prévoir un second tabouret pour s’assoir ! Photo : Stelvision

Système de pointage « Go-To »

Certaines montures motorisées sont pourvues d’un système de pointage automatique Go-To : il suffit de désigner votre cible sur un boîtier de commande et votre télescope se dirige tout seul dans la bonne direction ! Le même système peut assurer ensuite le suivi de l’astre observé.

En contrepartie : les montures « Go-To » sont plus chères et le système ne fonctionne que si vous suivez une procédure d’initialisation qui passe par le pointage d’étoiles repères. On n’est donc pas dispensé de quelques efforts (et n’oublions pas qu’il est aussi très satisfaisant de savoir naviguer parmi les étoiles sans autre assistance que des cartes du ciel !)

Les principaux accessoires d’un télescope

Les oculaires

Alors qu’ils sont indispensables, les oculaires sont des « accessoires » car ils sont interchangeables pour varier les grossissements et les champs de vision. Le principal paramètre qui caractérise un oculaire est sa focale, qui détermine directement le grossissement obtenu en fonction de la focale de l’instrument, selon la formule :

Grossissement = fobjectif / foculaire


Par exemple : un instrument de 900 mm de focale équipé d’un oculaire de 9 mm donne un grossissement de 100 fois (100x)


Photo montrant la mise en place d'un oculaire sur un télescope.
Mise en place d’un oculaire sur un télescope. La focale est toujours indiquée sur l’oculaire (ici 25 mm). Photo : Stelvision

Un instrument est souvent livré avec deux oculaires : l’un de longue focale (par exemple 20 ou 25 mm) donnant un grossissement faible, utile pour le pointage et pour l’observation d’objets étendus ; l’autre de courte focale (par exemple 6 ou 10 mm) donnant un grossissement fort.

Constitution d’une gamme d’oculaires

photo oculaires variés
Des oculaires variés pour toutes les situations. Photo : Stelvision.

Dans un premier temps, vous utiliserez les oculaires fournis avec l’instrument. Ils sont souvent assez basiques (surtout avec les instruments d’entrée de gamme) et en nombre limité. Ils permettent de démarrer vos observations et de vous familiariser avec l’instrument. Ensuite, vous les compléterez avec des oculaires fournissant d’autres grossissements (plus forts, plus faibles ou intermédiaires), ou des oculaires « grand champ » qui donnent une appréciable sensation d’immersion. Notre dossier spécial oculaires pourra vous aider à constituer votre gamme idéale !

La lentille de Barlow

Cet accessoire est destiné à être couplé à un oculaire pour en doubler ou tripler le grossissement (Barlow « x2 » ou « x3 »). Une lentille de Barlow de qualité correcte s’avère utile pour obtenir un grossissement fort avec un instrument de courte focale ou si vous ne disposez que d’oculaires de longue ou moyenne focale. Si à l’inverse votre instrument fournit déjà un grossissement proche de la limite de 2 fois le diamètre de l’instrument en millimètres, il ne sert à rien de chercher à grossir davantage au moyen d’une Barlow.

Le chercheur ou pointeur

Comme un télescope a toujours un champ de vision restreint (par rapport à la vision à l’œil nu ou aux jumelles), il est difficile de pointer directement l’instrument dans la bonne direction. C’est pourquoi l’instrument est toujours muni d’un dispositif de pointage qui peut être :

  • soit une petite lunette appelée chercheur, munie d’un réticule comme les lunettes de visée de fusils de précision ;
  • soit un pointeur, qui « projette » dans le ciel un point rouge ou un cercle rouge (projeté en réalité sur un verre, on a l’illusion qu’il se situe parmi les étoiles).
Photo illustrant la différence entre chercheur et pointeur.
À gauche, un chercheur basique. À droite, un pointeur « point rouge ». Photo : Stelvision

Comme des jumelles, un chercheur amplifie la lumière et grossit les images. C’est en principe l’idéal pour les repérages les plus fins, mais attention : la plupart des chercheurs donnent une image inversée, ce qui les rend difficiles à utiliser par un débutant. De plus, un chercheur bas de gamme est en général délicat à aligner par rapport à l’instrument, son support étant peu précis. Cela dit, certains chercheurs sont redressés et montés sur un support correct.

Un pointeur est souvent plus facile à utiliser car il ne grossit pas et n’inverse pas les images : on voit le « même ciel » qu’à l’œil nu. De plus, il est en plus facile à aligner sur l’instrument qu’un chercheur bas de gamme. Deux points à ne pas négliger pour la commodité d’emploi !

Prendre des photos

Vous souhaitez conserver un petit souvenir de votre observation de la Lune ou d’une planète ? Rien de plus simple : utilisez votre smartphone avec avec un adaptateur spécial qui le maintient en face de l’oculaire.

Vous voulez révéler les détails les plus infimes des surfaces planétaires ou des galaxies lointaines ? Vous entrez alors dans le domaine exigeant de l’astrophotographie qui nécessite un matériel et des compétences spécifiques. Il vous faudra notamment un capteur électronique (caméra) à mettre à la place de l’oculaire, et une monture équatoriale de précision. La caméra captera de nombreuses images que vous combinerez entre elles pour obtenir un maximum de détails. Il vous faudra aussi vous former au traitement d’image avancé.

Les smart telescopes (télescopes intelligents)

Une manière de pratiquer l’astrophotographie sans se confronter à sa complexité est de recourir à ce qu’on appelle un smart telescope (télescope intelligent) qui fera tout le travail pour vous : recherche de la cible, suivi, acquisition d’un grand nombre d’images, empilement automatique des images et divers traitements complémentaires. Le smart telescope est tout intégré : il comprend à la fois le tube optique, la monture, le capteur électronique, et tous les outils informatiques nécessaires.

Attention : étant tout intégré, un smart telescope ne permet pas l’observation visuelle. C’est un télescope exclusivement destiné à la photo.

Choix possibles de télescope pour débutant pour l’observation visuelle

Parmi les nombreuses possibilités, voici quelques choix classiques pour un premier instrument. Nous privilégions ici l’observation visuelle, qui nous paraît irremplaçable pour s’initier à l’astronomie.

Attention, pour une même catégorie d’instruments, la qualité optique et la qualité mécanique peuvent varier sensiblement. De même, l’équipement d’origine peut être plus ou moins fourni. Vérifiez bien la liste des accessoires fournis et, au besoin, prévoyez un peu de marge dans votre budget pour des compléments.

Pour un budget inférieur à 250 €

  • Télescope mini-Dobson de 60 à 130 mm de diamètre à poser sur une table ou un tabouret : c’est une excellente alternative à la classique lunette, pour une puissance égale ou supérieure dans la même gamme de prix, et offrant une plus grande compacité. C’est pourquoi nous avons choisi de vous proposer deux modèles sur notre Boutique :
    • un étonnant modèle de 60 mm de diamètre à formule optique Maksutov-Cassegrain, le MaksyGo 60 ;
    • un télescope Newton de 130 mm de diamètre à tube rétractable, le FlexTube Heritage 130.
  • Lunette de 60 à 70 mm de diamètre sur monture azimutale : restée longtemps le classique du débutant, elle peut encore être choisie. Attention aux modèles d’entrée de gamme qui ont souvent une monture instable et peu commode d’emploi. Préférez un modèle sur pied robuste avec monture à friction.

Vous pourrez détailler la surface de la Lune et d’avoir un bon aperçu des principales planètes (même en ville) : anneau de Saturne, bandes nuageuses sur Jupiter, aspect général de Mars et de Vénus. Sous un bon ciel de campagne, un instrument de 60 mm donne accès à quelques-uns des principaux objets du ciel profond (amas d’étoiles, nébuleuses, galaxies); tandis qu’un instrument de 130 mm vous permettra de mieux les voir et d’en dénicher de nombreux autres plus difficiles.

Pour un budget entre 250 € et 500 €

  • Télescope Dobson de 150 mm
  • Télescope de 130 mm sur monture équatoriale 
    • attention, les modèles « 130/900 » sont répandus et présentent un prix attractif mais sont en général équipés d’un trépied et d’une monture manquant cruellement de stabilité ! Les vibrations sont amplifiées par la longueur de l’instrument relativement importante. Préférez un instrument plus court (130/650) qui sera plus stable et plus compact. Il devra alors être muni d’un véritable miroir parabolique.

Pour un budget entre 500 € et 1 000 €

  • Télescope Dobson de 200 à 250 mm : c’est la voie royale pour découvrir toute la richesse du ciel profond et pour pratiquer des observations lunaires et planétaires détaillées. Pour cette classe de diamètre, une monture équatoriale serait particulièrement lourde, encombrante et coûteuse. Un modèle de type Dobson s’impose donc.
  • Télescope de 150 mm sur monture équatoriale : cela reste un choix possible si vous souhaitez bénéficier d’une monture équatoriale pour faciliter le suivi et éventuellement faire de la photo.
  • Télescope Maksutov-Cassegrain de 127 mm sur monture azimutale à pointage automatique : un choix possible si vous recherchez un maximum de compacité, une qualité optique irréprochable et le confort de la monture automatisée. Cependant la longue focale de ce type d’instrument le destine plutôt aux observations planétaires, et le diamètre reste limité par rapport à un Dobson à budget égal.

Pour un budget supérieur à 1 000 €

Télescope Dobson de très grand diamètre (300 mm ou plus), télescope compact de type Maksutov ou Schmidt-Cassegrain de 150 mm et plus, lunette courte de haute qualité (apochromatique)… les possibilités ne manquent pas. Mais mieux vaut probablement commencer avec un des instruments mentionnés plus haut avant d’investir une somme importante. Après quelques années de pratique, vous aurez une meilleure idée de vos aspirations pour aller plus loin dans vos explorations célestes !

Conclusion

Nous espérons vous avoir aidé à y voir plus clair dans ce monde passionnant des instruments d’astronomie. Quelque soit votre choix, n’oubliez pas qu’utiliser un télescope s’apprend. Nous vous recommandons fortement notre guide pratique Le Ciel au télescope, indispensable à tout débutant. Vous le trouverez sur notre site et chez pratiquement tous les vendeurs de matériel d’astronomie. Bon ciel et bonnes observations !